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Les Echos

Faire de Roissy-CDG le premier aéroport international d’Europe, devant Londres-Heathrow et Francfort, tout en continuant à développer Orly, pour atteindre 107,5 millions de passagers en 2020 : telle est l’ambition du troisième Contrat de régulation économique (CRE 3) 2016-2020 d’Aéroports de Paris, présenté ce lundi à la presse.

Ce nouveau plan stratégique, qui fixera les investissements d’infrastructures et l’évolution des redevances d’ADP de 2016 à 2020, entre dans la phase de consultation publique, après un an de négociations en coulisses avec les compagnies aériennes et les pouvoirs publics. Des négociations difficiles visant à concilier les objectifs d’investissements et de rentabilité d’ADP avec la volonté affichée d’Air France-KLM de voir baisser les redevances. Avec, entre les deux, des pouvoirs publics écartelés entre leur volonté d’aider le transport aérien français et leurs intérêts de principal actionnaire d’ADP.

Passer devant Londres-Heathrow

Le projet dévoilé ce lundi s’efforce donc de ménager la chèvre et le choux. Avec d’un côté, un effort d’investissement sans précédent de 3,1 milliards d’euros sur cinq ans (contre 2 milliards pour le CRE 2011-2015) et de l’autre, une hausse des redevance de 1,75 % par an en moyenne, inférieure à celle de 2015 (2,4 %) mais contraire au moratoire réclamé par les compagnies. Selon ADP, c’est le prix à payer pour faire face à la hausse du trafic –estimée à 2,5 % par an en moyenne–, et porter la capacité de Roissy de 63,8 millions de passagers en 2014 à 78,5 millions en 2020 et celle d’Orly, de 28,9 à 31,5 millions de passagers. Et ce, sans nouvel aérogare, grâce à l’optimisation et l’extension des infrastructures actuelles. De quoi permettre à ADP de passer devant Londres-Heathrow et ses 73 millions de passagers. Mais aussi, de résister à la concurrence des grands hubs du Proche-Orient. Pour la première fois en 2014, Dubaï a fait presque jeu égal avec l’aéroport londonien en nombre de passagers internationaux, tandis qu’en troisième, Roissy-CDG a vu le nombre des passagers en correspondance –sa clientèle la plus rentable– légèrement reculer. De 2011 à 2013, Roissy-CDG est ainsi passé de la deuxième à la quatrième place des grands hubs internationaux en nombre de passagers en correspondance, dépassé par Dubaï et Francfort. Et c’est également le seul hub européen à ne pas avoir retrouvé son niveau de trafic de correspondance d’avant la crise de 2008.

Modification de la tarification

D’où la volonté d’ADP de réagir, en favorisant le trafic long-courrier et de correspondance, à travers des investissements et une tarification adaptée. « Nous allons modifier toute notre structure tarifaire en ce sens », souligne Edward Arkwright, le directeur général adjoint finance & stratégie d’ADP, qui prône une baisse des redevances de 6 % à 10 % pour les vols long-courriers et les compagnies en correspondance, en complément de la suppression de la taxe de correspondance de 12,2 euros par passager, décidée par l’Etat. « Cela nous permettra de combler notre écart actuel de compétitivité avec Fraport [le gestionnaire de l’aéroport de Francfort NDLR] ». Et cela irait dans le sens des intérêts d’Air France-KLM, souligne-t-on chez ADP. Sans pour autant convaincre. « Ce que nous voulons, c’est un gel des redevances dès cette année, insiste-t-on chez Air France-KLM. Par ailleurs, si nous sommes d’accord avec les prévisions de trafic et les investissement proposés, le montant de 3,1 milliards d’euros nous semble excessif, notamment les 900 millions consacrés à la maintenance. Surtout, nous continuons de penser qu’ils pourraient être financés par des réductions de coûts et par les bénéfices des commerces d’ADP ».

Tag(s) : #Revue de presse